Département scientifique

Simulation &
Traitement de l'Information

Le DSTI est le cerveau numérique de l'IFRAS. Il conçoit les méthodes computationnelles, les intelligences artificielles et les simulateurs multi-physiques qui permettent de modéliser, prédire et piloter des systèmes d'une complexité impossible à appréhender par les seules voies expérimentales.

52 Chercheurs
6 Disciplines
341 Publications
1984 Fondé en

Fondé en 1984, le Département Simulation & Traitement de l'Information est le plus jeune des grands départements de l'IFRAS, mais il est devenu en quatre décennies l'un des plus stratégiques. Son essor reflète la transformation profonde de la recherche aérospatiale, désormais inséparable de la modélisation numérique et de l'intelligence artificielle.

Le DSTI est à l'intersection de tous les autres départements : il fournit les outils computationnels que le DPET utilise pour simuler ses chambres de combustion, que le DSVT exploite pour modéliser les données biologiques et que le DSMR mobilise pour ses calculs de tenue structurale. Il est également le porteur principal des projets d'IA embarquée pour les programmes LYNX et ATLAS.

IA embarquée Calcul HPC Jumeaux numériques Systèmes autonomes Simulation multi-physique
Direction du département
NB
Nadia Bertrand
Directrice du DSTI
Infrastructures numériques
· Supercalculateur HÉRA-4 (18 Pflop/s) · Cluster GPU ATLAS-IA (1 024 GPU) · Plateforme de simulation COSMOS-3 · Lab. Systèmes Autonomes (LSA)
01 · Discipline

Intelligence artificielle

🤖

Le pôle IA du DSTI développe des architectures d'apprentissage profond et d'apprentissage par renforcement spécifiquement conçues pour les contraintes du spatial : ressources de calcul limitées, latence de communication prohibitive avec la Terre, fiabilité absolue requise en environnement hostile. Ces contraintes imposent une approche radicalement différente de l'IA grand public.

Les recherches portent notamment sur la compression de modèles neuronaux pour déploiement embarqué (pruning, quantification, distillation), sur les architectures tolérantes aux fautes induites par les rayonnements cosmiques, et sur les méthodes d'apprentissage fédéré permettant à plusieurs engins de partager des connaissances sans rapatrier leurs données brutes.

Un axe prospectif travaille sur l'IA explicable (XAI) pour les systèmes de décision critique en mission habitée, où les équipages doivent pouvoir comprendre et contester les recommandations de l'IA de bord. Les travaux alimentent directement le développement du système ARES (Autonomous Reasoning and Executive System) du programme ARTEMIS-9.

Thèmes de recherche
  • Apprentissage profond embarqué et compression de modèles
  • Apprentissage par renforcement pour systèmes autonomes
  • IA tolérant aux fautes par rayonnements
  • Apprentissage fédéré multi-engins
  • IA explicable pour décision critique (XAI)
  • Réseaux neuronaux pour détection d'anomalies
  • Apprentissage few-shot en environnements inconnus
16
Chercheurs dédiés
104
Publications depuis 2010
4
Programmes actifs
02 · Discipline

Systèmes autonomes

🛸

Le Laboratoire des Systèmes Autonomes (LSA) du DSTI conçoit les architectures logicielles et les algorithmes de décision qui permettent à un engin spatial de fonctionner de manière indépendante, en l'absence de contact avec le contrôle au sol. Ce défi est particulièrement critique pour les missions vers Mars ou les astéroïdes lointains, où les délais de communication atteignent plusieurs dizaines de minutes.

Les chercheurs travaillent sur la planification autonome de mission, la navigation relative entre engins (rendez-vous orbital autonome, formation flying), l'atterrissage de précision sur corps sans atmosphère et la gestion autonome des ressources à bord. Ces travaux mobilisent à la fois des techniques d'IA, de théorie du contrôle et de robotique spatiale.

Le LSA pilote actuellement le développement du système de navigation autonome du programme LYNX, un démonstrateur de rover lunaire autonome dont la mission de qualification est prévue pour 2028. Le rover devra traverser 15 km de terrain accidenté sans intervention humaine directe.

Thèmes de recherche
  • Planification autonome de mission longue durée
  • Navigation relative et rendez-vous orbital autonome
  • Atterrissage de précision sur corps sans atmosphère
  • Formation flying multi-engins
  • Gestion autonome des ressources embarquées
  • Robotique de surface planétaire
  • Architectures de contrôle tolérant aux pannes
11
Chercheurs dédiés
67
Publications depuis 2010
2028
Mission LYNX prévue
03 · Discipline

Traitement du signal

📡

Le pôle traitement du signal du DSTI développe les méthodes mathématiques et algorithmiques qui permettent d'extraire de l'information utile à partir de signaux bruités, incomplets ou dégradés par le milieu spatial. Ces techniques sont au cœur de la télémétrie, des communications intersatellites, de la télédétection et de l'instrumentation scientifique embarquée.

Les recherches portent en particulier sur le traitement des données de synthèse d'ouverture radar (SAR) pour l'observation de la Terre, sur les algorithmes de compression sans perte adaptés aux contraintes de bande passante des liens de communication profonds, et sur la détection de signaux faibles dans les données des instruments astrophysiques du programme DAI.

Un programme collaboratif avec le CNES porte sur la conception d'architectures de traitement reconfigurables (FPGA) permettant d'adapter les algorithmes de traitement du signal en vol, en réponse à l'évolution des conditions de la mission ou à la détection d'événements inattendus.

Thèmes de recherche
  • Traitement SAR pour observation de la Terre
  • Compression sans perte pour liaisons profondes
  • Détection de signaux faibles en astrophysique
  • Architectures FPGA reconfigurables en vol
  • Fusion de données multi-capteurs
  • Traitement temps réel embarqué
  • Communications intersatellites optiques
8
Chercheurs dédiés
59
Publications depuis 2010
3
Brevets déposés
04 · Discipline

Calcul haute performance

💻

Le pôle HPC (High Performance Computing) du DSTI gère et fait évoluer le supercalculateur HÉRA-4, l'une des infrastructures de calcul scientifique les plus puissantes du secteur aérospatial français avec une puissance de crête de 18 Pflop/s. Il développe également les méthodes algorithmiques qui permettent d'exploiter efficacement ces ressources pour des simulations d'une complexité sans précédent.

Les travaux de recherche portent sur la parallélisation massive des codes de simulation, l'optimisation des communications inter-nœuds à grande échelle, et le développement d'algorithmes spécifiquement adaptés aux architectures hétérogènes combinant CPU, GPU et accélérateurs neuromorphiques. Ces travaux sont publiés dans les conférences SC et ISC de référence.

Le pôle pilote également la transition vers le calcul quantique hybride, en développant des algorithmes exploitant les premiers processeurs quantiques disponibles pour accélérer des sous-problèmes d'optimisation combinatoire issus des simulations de trajectoire et de planification de mission.

Thèmes de recherche
  • Parallélisation massive et scalabilité
  • Architectures hétérogènes CPU/GPU/neuromorphique
  • Optimisation des communications MPI à grande échelle
  • Calcul quantique hybride pour l'optimisation
  • Tolérance aux pannes sur supercalculateurs
  • Efficacité énergétique des centres de calcul
7
Chercheurs dédiés
18
Pflop/s — HÉRA-4
1 024
GPU — cluster ATLAS-IA
05 · Discipline

Modélisation numérique

📐

Le pôle modélisation numérique développe les formalismes mathématiques et les méthodes d'approximation qui transforment les équations physiques continues en problèmes discrets solubles par ordinateur. Les approches cultivées incluent les éléments finis, les volumes finis, les méthodes spectrales et les méthodes sans maillage (meshfree), chacune adaptée à des classes spécifiques de problèmes aérospatiaux.

Un effort important porte sur le développement de modèles de turbulence avancés pour la mécanique des fluides — en particulier les approches hybrides RANS/LES et les méthodes DNS massivement parallèles — qui constituent le soubassement des simulations de chambres de combustion et de rentrée atmosphérique du DPET.

Le pôle développe également des techniques de réduction de modèle (ROM) basées sur la décomposition propre orthogonale (POD) et les réseaux neuronaux physiquement informés (PINN), permettant de ramener des simulations de plusieurs heures à quelques secondes pour les applications de contrôle temps réel et d'optimisation.

Thèmes de recherche
  • Méthodes éléments finis et volumes finis avancées
  • Turbulence : RANS, LES, DNS massivement parallèle
  • Méthodes sans maillage (meshfree / SPH)
  • Réduction de modèle (ROM / POD)
  • Réseaux neuronaux physiquement informés (PINN)
  • Couplage multi-physique et multi-échelle
  • Optimisation de formes aérodynamiques
6
Chercheurs dédiés
48
Publications depuis 2010
7
Codes ouverts publiés
06 · Discipline

Simulation multi-physique

Le pôle simulation multi-physique est la discipline la plus transversale du DSTI. Il développe la plateforme COSMOS-3, un environnement de simulation intégré permettant de coupler simultanément des phénomènes de nature différente — mécanique des structures, thermique, aérodynamique, électromagnétisme, chimie — au sein d'un même calcul cohérent.

Cette capacité est indispensable pour simuler fidèlement des systèmes complexes comme une chambre de combustion (couplage fluide-thermique-chimie-rayonnement), une rentrée atmosphérique (couplage aérothermodynamique-ablation-structure) ou un satellite en orbite (couplage thermique-mécanique-électronique). COSMOS-3 est utilisé par six des huit départements de l'IFRAS.

L'axe le plus récent porte sur les jumeaux numériques — répliques numériques continues d'engins réels, alimentées par les données télémesurées en temps réel. Ces jumeaux permettent de diagnostiquer les anomalies, de prédire les défaillances et d'optimiser les opérations à distance pour les missions en cours.

Thèmes de recherche
  • Couplage fluide-structure-thermique
  • Simulation aérothermodynamique de rentrée
  • Jumeaux numériques de systèmes en opération
  • Couplage électromagnétisme-mécanique-thermique
  • Plateforme COSMOS-3 et écosystème plugins
  • Validation et vérification de modèles couplés
  • Incertitudes et propagation d'erreurs multi-physique
4
Chercheurs dédiés
6 / 8
Depts utilisateurs COSMOS-3
2
Jumeaux numériques actifs